Simandou 2040 : modernisation des transports en cours
Le 25 juillet 2026, le gouvernement guinéen a officiellement lancé la première vague du pilier 3 du programme Simandou 2040, consacré à la modernisation des infrastructures de transport. Pas de coupe de ruban symbolique à la va-vite : plusieurs projets étaient déjà en chantier bien avant cette date. Ousmane Gaoual Diallo, ministre des Transports et porte-parole du gouvernement, l'a lui-même reconnu d'emblée. Pour lui, l'enjeu dépasse largement le bitume et les quais. Il s'agit de faire des transports un levier de compétitivité économique et d'intégration territoriale pour toute la Guinée.
Simandou 2040, pilier 3 : pourquoi ce programme change la donne pour la Guinée
Simandou 2040 n'est pas un plan ordinaire. C'est une feuille de route nationale qui mobilise tous les secteurs autour d'un objectif précis : convertir durablement les infrastructures du pays d'ici 2040. Bangaly Maty Konaté, conseiller chargé des Transports à la Primature et représentant du Premier ministre à la cérémonie, a résumé l'ambition avec clarté : « Simandou 2040 est une vision nationale qui mobilise tous les secteurs autour d'un objectif commun : transformer durablement notre pays et améliorer le bien-être des populations. »
Le pilier 3, spécifiquement, cible les réseaux routier, ferroviaire, portuaire et aérien. C'est du multimodal, pensé pour connecter les régions entre elles et la Guinée au reste du monde. Konaté a d'ailleurs insisté sur un point souvent oublié dans ce genre de grands plans : l'ambition ne doit pas s'arrêter à Conakry. Kankan, Labé, Dubréka... les projets doivent irriguer tout le territoire. Exactement comme une ville qui repense sa mobilité quartier par quartier, plutôt que de tout concentrer dans son centre.
La logique affichée est claire : l'État régule, le privé investit et innove. Ce modèle de partenariat public-privé guide la quasi-totalité des chantiers inscrits dans cette première vague. Concrètement, cela se traduit par des projets bien avancés, comme la modernisation de l'aéroport Ahmed Sékou Touré à Conakry, et des aéroports régionaux de Kankan et Labé.
Aéroport, bus et taxis : le détail des projets déjà en marche
Commençons par l'aérien. L'aéroport international Ahmed Sékou Touré est au coeur du dispositif. Sa première phase d'extension est entièrement achevée. La deuxième phase sera lancée dans les prochains mois. Objectif final : atteindre une capacité de 4 millions de passagers. Pour donner de la chair à ces chiffres, notez qu'Air France, Ethiopian Airlines et Royal Air Maroc ont déjà doublé leurs fréquences vers Conakry. Une liaison avec l'Égypte est attendue prochainement, et la compagnie nigériane Air Peace assure depuis une semaine la route Conakry-Lagos via Bamako.
Du côté du transport urbain, voilà où ça devient vraiment concret pour le quotidien des Guinéens :
- 50 bus déjà acquis, bientôt mis en circulation sur les liaisons interurbaines
- 50 bus supplémentaires à acheter en 2026, financements déjà sécurisés
- 200 bus additionnels en cours d'acquisition avec le secteur privé pour le Grand Conakry
- 2 000 taxis à renouveler, via un partenariat avec la société DSD
Ce programme de renouvellement du parc de taxis mérite qu'on s'y attarde. Les futurs acquéreurs bénéficieront d'un paiement échelonné sur 24 ou 36 mois, avec un apport initial d'environ 18 millions de francs guinéens. Les véhicules seront proposés entre 140 et 200 millions de francs guinéens, grâce à une combinaison de subvention étatique et de négociations avec les importateurs. L'idée : rendre l'accès à ces véhicules réaliste pour de jeunes entrepreneurs, créer des emplois, et améliorer le service rendu aux habitants. Pragmatique.
Ports et corridors logistiques : les chantiers qui structurent l'avenir
Le sous-secteur portuaire avance lui aussi à un rythme soutenu. Le port sec de Kagbelen est en cours de finalisation, avec une livraison prévue en octobre 2026. Son rôle : désengorger le port autonome de Conakry, qui concentre aujourd'hui l'essentiel du trafic. Un problème classique dans les grandes métropoles portuaires, et une solution qui ressemble beaucoup à ce que font d'autres villes africaines pour repenser leur logistique urbaine, comme on peut le voir dans les démarches d'innovation en mobilité urbaine à Abidjan et Kigali.
Des discussions sont engagées pour développer de nouveaux corridors logistiques vers Moribaya, et un futur port à Dubréka est à l'étude. En parallèle, le Port autonome de Conakry poursuit son propre programme d'extension. La Société navale, elle, dispose déjà d'une dizaine de bateaux qui assurent la desserte des îles de Loos et la liaison maritime Conakry-Freetown.
| Infrastructure | Statut actuel | Échéance clé |
|---|---|---|
| Aéroport Ahmed Sékou Touré (phase 2) | Lancement imminent | Capacité cible : 4 M passagers |
| Port sec de Kagbelen | Finalisation en cours | Livraison octobre 2026 |
| 50 premiers bus interurbains | Acquis, mise en circulation prochaine | 2026 |
| 2 000 taxis (partenariat DSD) | Acquisition lancée | Paiement sur 24-36 mois |
| Port de Dubréka | À l'étude | Non définie |
Ce tableau donne le pouls d'un chantier national ambitieux. Ousmane Gaoual Diallo l'a dit sans détour : « Le lancement de cette vague n'est pas une finalité. C'est le point de départ d'une ambition beaucoup plus vaste. » Un système multimodal, moderne, inclusif et durable sur tout le territoire national. La vraie question, maintenant, c'est la vitesse d'exécution. Et ça, le terrain répondra mieux que les discours.
L'auteur
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