Mobilité urbaine Berne : 650 amendes en juin
650 infractions en moins d'un mois. Le chiffre fait son effet. La police cantonale bernoise vient de boucler une campagne de contrôle intense, menée du 1er au 28 juin 2026 dans les villes et agglomérations du canton. Cyclistes, usagers de trottinettes électriques, conducteurs de vélos à assistance électrique : personne n'a échappé à la surveillance. Résultat ? Un bilan qui invite sérieusement à réfléchir sur nos habitudes de déplacement urbain.
440 feux grillés et des trottoirs envahis : ce que révèle le bilan de juin
La police bernoise ne s'est pas contentée de dresser des amendes symboliques. Chaque infraction constatée a donné lieu à une amende d'ordre immédiate. Et la lecture des statistiques détaillées donne le vertige.
Voici la répartition des principales infractions relevées lors de ce mois de contrôle :
- 440 cas de non-respect de feux de signalisation : la majorité absolue des infractions
- 85 excès de vitesse enregistrés, notamment sur trottinettes et vélos électriques
- 16 amendes pour circulation illicite sur trottoir, une pratique qui met piétons et cyclistes en danger direct
- Des infractions diverses complétant le total de près de 650 constats
Le chiffre qui surprend le plus ? Les 440 feux grillés. Ça représente plus de 67 % du total des infractions. Autrement dit, la grande majorité des usagers contrôlés a simplement ignoré les signaux lumineux. Pas une maladresse, plutôt une habitude bien ancrée.
Un autre fait marquant du bilan : 88 usagers de moins de 15 ans ont été convoqués non pas à une audience disciplinaire classique, mais à un cours d'éducation routière. Une approche pédagogique plutôt que purement répressive pour les plus jeunes, ce qui est une décision intelligente. Former tôt, c'est éviter de corriger tard.
| Type d'infraction | Nombre de cas | Part du total |
|---|---|---|
| Non-respect des feux de signalisation | 440 | ~67 % |
| Excès de vitesse | 85 | ~13 % |
| Circulation illicite sur trottoir | 16 | ~2,5 % |
| Autres infractions | ~109 | ~17,5 % |
Ce tableau résume assez bien la réalité : la cohabitation entre modes de déplacement doux reste un défi quotidien dans les agglomérations bernoises. Et ce n'est pas propre à la Suisse. Dans de nombreuses villes européennes, la multiplication des engins de mobilité légère crée de nouvelles frictions sur la voie publique.
Hausse des accidents : pourquoi la police bernoise a durci ses contrôles
Ce n'est pas un hasard si la police cantonale a choisi juin pour mener ces opérations. La hausse des accidents impliquant des cyclistes et des utilisateurs de véhicules électriques légers est immédiatement à l'origine de cette décision. Plus il fait beau, plus les deux-roues envahissent les rues. Et plus les comportements à risque se multiplient.
La police bernoise l'a formulé clairement : la recrudescence des incidents sur la voie publique a motivé un renforcement du contrôle sur l'ensemble du territoire cantonal. Pas seulement dans la ville de Berne, mais aussi dans ses agglomérations. Une approche territoriale cohérente, qui cible là où les flux de déplacement sont les plus denses.
Ce type de campagne intensive n'est pas une nouveauté en Europe. À Lyon, par exemple, des opérations de sensibilisation similaires sont menées régulièrement sur les axes cyclables du centre-ville, notamment autour des quais du Rhône où la cohabitation entre vélos, trottinettes et piétons peut vite devenir sportive. Le principe reste le même : visibilité renforcée de la police, verbalisation immédiate, et message clair envoyé aux usagers.
La question du paiement et de la régulation des usages évolue aussi rapidement. Si les amendes restent l'outil principal de dissuasion, d'autres leviers émergent. La fluidification des paiements liés à la mobilité urbaine en Île-de-France, avec l'intégration de la carte bancaire dans les transports, montre comment la technologie peut accompagner une régulation plus douce des flux urbains.
La police bernoise a d'ores et déjà annoncé la poursuite des actions de prévention et de contrôle au-delà du mois de juin. Ce n'est donc pas une opération coup de poing isolée, mais le début d'une stratégie plus structurée autour de la sécurité des mobilités douces.
Ce que ce bilan change concrètement pour les usagers bernois
Concrètement, si vous circulez à vélo ou en trottinette dans le canton de Berne, il faut ajuster certains réflexes. Pas par peur de l'amende, mais parce que les chiffres de juin montrent que les comportements actuels génèrent des accidents réels.
Respecter les feux rouges même à vélo est une évidence qui, visiblement, ne l'est pas encore pour tout le monde. 440 cas en 28 jours, c'est plus de 15 infractions par jour sur ce seul point. En termes de risque, griller un feu à vélo en zone urbaine dense expose autant le cycliste que les piétons traversant.
La vitesse est l'autre sujet sensible. Les trottinettes électriques modernes atteignent facilement les 25 km/h, parfois plus selon les réglages. En milieu urbain, c'est une vitesse significative sur un engin sans carrosserie protectrice. Les 85 PV pour excès de vitesse relevés en juin ne sont probablement que la surface visible d'un phénomène plus large.
La mobilité urbaine bernoise est à un tournant. Les contrôles vont se poursuivre, les comportements doivent évoluer. Et si la verbalisation est un signal fort, la formation des jeunes usagers reste sans doute le levier le plus durable pour transformer durablement les pratiques dans l'espace public.
L'auteur
Henry est chef de rédaction, reconnu pour son attitude posée et sa méthode rigoureuse. Il pilote les contenus avec discernement pour garantir clarté et cohérence éditoriale.
Adepte des chiffres et du contrôle, il met en place des processus mesurables pour assurer la qualité et la fiabilité des publications. Sa stabilité et son sens de l'organisation rassurent l'équipe et les lecteurs.
Partager cet article