Urbaine de Travaux : crédit mobilité instauré
720 salariés, 190 véhicules de fonction, et une DRH qui se demande comment réconcilier mobilité urbaine et ambitions RSE. Voilà le point de départ d'Urbaine de Travaux, filiale du groupe Fayat, premier groupe français indépendant de la construction. Le résultat ? Un dispositif de crédit mobilité concret, testé, et déjà porteur d'enseignements pour toute entreprise qui voudrait franchir le pas.
Pourquoi Urbaine de Travaux a choisi d'instaurer le crédit mobilité
La voiture de fonction, c'est bien. Sauf quand vous êtes coincé dans les embouteillages parisiens à 8h30 un mardi matin. Delphine Briand, directrice des ressources humaines d'Urbaine de Travaux, l'a entendu de la bouche même de ses collaborateurs : pour certains, la voiture de fonction était devenue un casse-tête plutôt qu'un avantage. Un paradoxe difficile à ignorer dans une grande entreprise de bâtiment et travaux publics.
Deux objectifs ont guidé la démarche. D'un côté, renforcer la politique RSE de l'entreprise en réduisant l'empreinte carbone de la flotte. De l'autre, améliorer l'attractivité employeur en proposant des alternatives réelles aux candidats et aux salariés déjà en poste. Car dans les grandes métropoles, une place de parking ne fait plus rêver grand monde.
Briand a alors mené une recherche active de prestataires. Trois ont été contactés. C'est Rout'in qui a décroché le contrat, grâce à sa réactivité et à la largeur de son offre, surtout son accompagnement en communication interne pour expliquer le dispositif aux équipes. Un détail qui compte quand on change les habitudes de mobilité d'une centaine de personnes.
Le déploiement du crédit mobilité s'est fait en parallèle d'un autre chantier : l'électrification progressive de la flotte. Le renouvellement par tiers intègre désormais des véhicules 100 % électriques, avec un horizon clair : une flotte entièrement électrifiée d'ici 2030. Deux transformations menées de front, sans se marcher dessus.
Les deux formules de crédit mobilité instaurées chez Urbaine de Travaux
Pas une solution unique, mais deux options distinctes selon les besoins de chaque salarié. C'est là que le système devient vraiment stimulant à regarder de près.
| Option | Ce que le salarié abandonne | Ce qu'il reçoit |
|---|---|---|
| Crédit mobilité total | Véhicule de fonction (thermique) | Entre 3 000 et 10 000 € par an selon le modèle |
| Crédit mobilité partiel | Véhicule thermique | Une Renault R5 E-Tech + environ 2 000 € annuels pour les transports alternatifs |
Avec la formule totale, la somme versée ouvre un large éventail de possibilités. Carte de transports en commun, location courte durée pour les vacances, vélo, scooter électrique... Le salarié choisit selon ses usages réels. Pas d'obligation, pas de justificatif kafkaïen : la liberté fait partie du deal.
Concrètement, chez Urbaine de Travaux, la solution Rout'in prend la forme d'une carte de paiement dédiée aux dépenses de mobilité. Élémentaire, traçable, et délimité. L'entreprise aurait pu aller plus loin en centralisant aussi forfait mobilités durables, prime de transport et abonnements via la même carte, mais a préféré une démarche progressive. Sage décision pour un premier déploiement.
Voici les usages éligibles les plus courants avec le crédit mobilité total :
- Abonnement mensuel aux transports en commun (métro, RER, bus)
- Location de véhicule courte durée (week-end, vacances)
- Achat ou location longue durée d'un vélo ou vélo électrique
- Location de scooter ou trottinette en libre-service
- Covoiturage longue distance
Résultat sur le terrain : environ 10 % des bénéficiaires d'une voiture de fonction se sont montrés intéressés. Une personne a opté pour la formule totale, 19 autres ont manifesté de l'intérêt pour la formule partielle. Ce n'est pas une révolution massive, mais c'est un démarrage solide et honnête.
Ce que les entreprises doivent vraiment anticiper avant de se lancer
Bilan positif, oui. Mais Delphine Briand ne cache pas les points d'attention. Et c'est justement cette honnêteté qui rend le retour d'expérience utile.
Premier point concret : l'avance de trésorerie. Pour alimenter la solution Rout'in, Urbaine de Travaux doit placer les sommes annuelles en amont. Ce n'est pas un obstacle insurmontable, mais ça se planifie. Pour une PME avec des liquidités plus tendues, c'est un paramètre à intégrer très tôt dans la réflexion.
Deuxième point, et celui-là est crucial : la fiscalité du crédit mobilité. Briand est catégorique sur ce sujet. Les sommes versées dans le cadre du crédit mobilité doivent être intégrées comme avantages en nature, faute de quoi l'entreprise s'expose à un redressement fiscal. Et attention, les prestataires comme Rout'in ne sont pas des conseillers fiscaux. Leur métier, c'est la gestion de la mobilité, pas la comptabilité sociale. Mieux vaut consulter un expert-comptable ou un juriste RH avant de déployer.
Sur le plan financier, Briand évoque un léger gain potentiel par rapport à la voiture de fonction classique, mais ce n'est clairement pas l'objectif premier. L'entreprise vise au moins l'équilibre budgétaire, avec une vraie valeur ajoutée côté image employeur. Dans un secteur du BTP où recruter et fidéliser reste un défi constant, proposer une mobilité moderne et flexible peut faire la différence sur un CV qu'on hésite à postuler ailleurs.
Une piste à examiner pour aller encore plus loin : coupler le crédit mobilité avec un forfait mobilités durables (FMD), déjà prévu par la loi française depuis 2020, pour maximiser l'enveloppe disponible sans alourdir le coût employeur. Un levier que beaucoup d'entreprises n'utilisent pas encore pleinement, alors que le cadre légal est là, prêt à l'emploi.
L'auteur
Romain est un jeune Lyonnais passionné par la vie urbaine et toujours en quête de nouvelles expériences. Adepte de découverte, il partage avec entrain des récits et des conseils pratiques pour explorer la ville autrement. Motivé et dynamique, il apporte une perspective fraîche et inspirante à chaque article.
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